Les photographies du poète jouissent aussi d’accompagnements littéraires signés Ève Arsenault, Antoine Boisclair, Emmanuel Bouchard, Geneviève Boudreau, Odile Brunet, Anne-Marie Duval, Cédric Huot, Vincent Lambert, Ariane Léger, Jacques Ouellet, Claude Paradis, Maryse Poirier, Anne-Julie Royer et Mattia Scarpulla.

LA BEAUTÉ COMME AMITIÉ
Le pic s’attaque
d’abord au contenant
pas au contenu
Yves Laroche
Quel est le plus beau mot de la langue française ? Et d’abord, qu’est-ce qu’un beau mot ? Quels sont les éléments constitutifs de sa beauté ? Sont-ce des propriétés d’ordre formel, telle sa sonorité, ou encore sa physionomie sur le plan visuel ; une fois le mot tracé sur une surface, est-ce le joli dessin produit par l’assemblage des lettres qui le forment ? Myosotis l’emporte-t-il sur cathédrale ? Rose, sur amphitryon ?
Qui s’amuse à poser la question s’attend forcément à toutes sortes de réponses. Elles seront de nature subjective, assurément, tout comme l’est la notion de beauté. Le jugement esthétique en cette matière s’exécute à partir de critères eux-mêmes variables, souvent inexistants. À l’intérieur d’un même mot, le hiatus peut heurter certaines sensibilités. Dans un poème, un ouaouaron qui coasse paraît ridicule. Il y a le mot noble comme disait Hugo, le mot roturier. À vrai dire, l’intérêt que présente ce problème est plutôt limité. Il ne sert ici que de marchepied à une réflexion, nous l’espérons, bientôt plus substantielle.
Mais n’allons pas trop vite. Ce citron, il faut le presser davantage, pour nous rendre compte d’abord du lien unissant le mot, dont on avance qu’il est beau, à la chose qu’il désigne, en laquelle justement réside la beauté que non sans confusion nous attribuons spontanément pour ne pas dire arbitrairement au mot.
Ainsi avec les prénoms : Philomène ne nous inspire à peu près rien qui vaille ; Azéphire nous fait sourire ; pour peu qu’on ait connu une jolie Florence, on trouvera du charme à ce prénom que d’aucuns auront en horreur s’ils ont eu des démêlés avec une horrible et méchante Florence.
Qui soutient que le mot « mer81 » est le plus beau de tous les mots de la terre justifiera sa prédilection par une série d’observations qui ont davantage trait à la chose qu’au mot servant à la désigner. Le mot « mer » est beau parce que rien n’est plus beau que la mer, cela va de soi : le sable ou les rochers sur lesquels percutent les vagues, les falaises d’Étretat, la Gaspésie où le fleuve et le golfe offrent l’occasion d’éprouver ce qu’on appelle à juste titre le sentiment océanique… et, comptant davantage peut-être que tout ce qui précède, le souvenir ému d’un voyage entrepris avec un être cher, de sorte que le mot « mer » fait vaguement songer à cette mère aimante avec qui il fut entrepris, mère aujourd’hui défunte, dont le deuil reste à faire, vraiment, on le voit bien, pour qui délire ainsi, aucun mot n’est plus beau que le mot « mer ». C’est là une affaire de sentiment, non pas d’esthétique.
Pour ma part, j’ai toujours aimé le mot « femme ». Mais s’il référait à un cloaque plutôt qu’à une statue de chair et d’âme dansante, qu’en serait-il de ce mot, qui toujours a suscité en moi un certain sentiment d’admiration, qui encore aujourd’hui me paraît recueillir en son sein le sens le plus sublime qui soit et manifester mentalement la plus haute réalisation de ce que nous appelons la beauté ? Car portez à mes yeux le plus beau paysage, si, parmi ses prés en fleurs et les nuages du ciel qui brille au-dessus, défile sur la route qu’on y voit serpenter une jolie femme, il y a fort à parier qu’elle effacera de ma vue l’ensemble du tableau, qu’elle s’en détachera tout à fait et que somme toute je n’aurai d’yeux que pour elle. À vrai dire, ce n’est pas ce mot que je porte aux nues, on l’aura compris.
Et si la phrase suivante, tout droit sortie de la Bible, me paraît la plus belle et la plus forte qui soit, c’est pour des raisons identiques aux précédentes, tout aussi farfelues : « Et Dieu créa la femme. » J’aime cette phrase. Bien entendu, ce n’est pas un vers de Racine, pas une dentelle contournée de Proust, pas une saillie de je ne sais qui. C’est bien plutôt une phrase toute simple. Sa beauté ne réside pas dans sa matérialité. C’est moins une phrase à caractère informatif relevant de l’histoire factuelle qu’une belle et saisissante aberration. Car, enfin, je n’ai jamais cru qu’il eût pu en être ainsi à l’origine. Du reste, je demeure indifférent aux origines, plutôt frileux à l’idée voulant qu’un dieu, que dis-je ? Dieu lui-même ait créé l’univers. Mais, pour toutes sortes de raisons plus ou moins obscures, j’associe le mot « Dieu » à un souci de lumière qui fait peut-être la grandeur de l’homme ; je lui fais, malgré toutes les horreurs qui ont pu découler des divagations que des siècles d’obscurantisme lui ont mises dans la bouche (le mot « Dieu » a une bouche immense dont l’homme est le ventriloque), j’associe, dis-je, le mot « Dieu » à une certaine idée de transcendance qui parfois parvient à nous donner des ailes.
Ajoutons à cette histoire tirée par les cheveux l’idée d’un geste créateur, l’idée d’une invention, celle justement de cette chose qui n’est pas une chose, mais bien plutôt une femme. Avec un tel complément, cette phrase « imaginaire » se déploie magiquement. Notre fantaisie jubile quand la raison s’en empare pour avancer, sourire en coin, qu’au jeu de la création Dieu se serait d’abord trompé. Il aurait commis une erreur de taille. Il avait voulu parfaire sa création, ajouter à la nature, aux rochers, à la mer, aux animaux qui la peuplent, à la terre où ils courent à quatre pattes, au ciel où ils trouent les nuages, ajouter, mais ajouter quoi, quoi qui pût vraiment parachever son œuvre ?
En guise de réponse, un homme alors est né d’une boue pétrie par le Sculpteur suprême. Mais quel piètre résultat ! pensa-t-il, en jetant un triste regard sur cette brute quasi animale. Déçu, Dieu — si mon souvenir est bon, car j’observais la scène depuis un buisson où je m’étais posté — déçu, profondément dépité, le Créateur tenta de corriger sa monumentale erreur.
Il arracha une côte au ridicule Adam, pour lui façonner à partir de cet os une compagne. Et Dieu créa la femme.
Satisfait du résultat, sachant surtout qu’il lui serait désormais impossible de créer un plus parfait chef-d’œuvre, Dieu est reparti à l’autre bout du monde. Il a longuement erré au-dessus des siècles et de l’histoire. Éternellement, au milieu des constellations, tel un Juif errant. Depuis, rares sont ceux qui l’ont revu. Mais cette femme laissée en obole console de son absence.
Voilà une démonstration bien boiteuse, me dira-t-on. Par l’allégorie, j’entendais faire valoir qu’avec la question posée par la beauté des mots, des poèmes, des romans et de toutes les autres formes d’art, jamais l’on ne peut évacuer le contenu, jamais non plus réduire l’importance de la rêverie et de l’imagination qui s’en nourrit et s’en délecte.
Si l’allégorie paraît chétive, rapprochons-nous maintenant de notre objet, posons le pied sur la première marche de l’escalier menant à la salle où sont exposées les photographies de notre ami Laroche.
Sur cette marche, je retrouve une réflexion que je me faisais naguère au sujet de l’Olympia de Manet. Cette œuvre marque un jalon dans l’évolution de la peinture moderne. C’est une belle toile. C’est du moins ce qu’on prétend. Mais la beauté des tableaux, c’est un peu comme celle des mots. Il y a souvent là des malentendus, des manières de voir les choses sans les voir tout à fait, sans les prendre avec lucidité pour ce qu’elles sont vraiment.
Le modèle qui posait pour Manet se nommait Victorine Louise Meurent. Pour des raisons que j’ignore, dans ce tableau, Manet ne magnifie en rien la beauté de son modèle. Si bien qu’aucune confusion n’est ici possible : ce n’est pas le sujet donné à voir qui éblouit, mais bien plutôt son traitement, la picturalité même du tableau, bref, ce qui est peinture en tant que matière ouvrée, c’est-à-dire le tableau, pas la représentation, pas ce qui se trouve « dépeint » par l’artiste.
Poussés à l’extrême, un tel traitement, une esthétique aussi radicale peuvent conduire au paradoxe suivant : en art, la laideur a souvent partie liée avec la beauté. Carcasses sanglantes de Soutine, défigurations du corps féminin chez Picasso, etc. Ces monstruosités abondent dans les musées. Dans la vie de tous les jours, impossible cependant de s’extasier devant l’ordure. Dans le cas contraire, à un tel trait de pathologie la psychiatrie parvient parfois à remédier.

Notre escalier en colimaçon donne le vertige. Il faut l’escalader d’un degré de plus. Il nous tarde d’en venir enfin à la salle d’exposition. Il est grand temps d’aborder la photographie et tout particulièrement le travail de Laroche. Quelques réflexions toutefois s’imposent encore.
Il fut un temps où la peinture existait et régnait absolument sur tout ce qui était image. Je dis peinture, mais c’est là une métonymie, je parle en réalité de tout ce qui visait à représenter le monde au moyen de ce qu’on appelle les arts visuels. À cette époque, des artistes couraient çà et là sur des champs de bataille, esquissaient des croquis, partaient en expédition pour longtemps après rapporter dans leurs valises des illustrations : on y voyait les monuments, les pyramides d’Égypte, les superbes architectures ornant les villes des divers continents, etc. L’artiste était au service de l’industrie et de la science. Sa fonction quasi première était de fixer sur une toile la physionomie des maîtres de l’univers, les rois, les princes et les princesses. Dans ses temps libres, le peintre cependant peignait pour son plaisir une nature morte ou une académie, terme qui, si je ne m’abuse, serait relatif à la représentation de la nudité du corps féminin ou masculin, pensons à l’Olympia, à la Vénus d’Urbin du Titien ou à la Maja nue de Goya.
Mais vint la photographie. L’histoire a été mille fois racontée. Je l’esquisse à grands traits. On sait quel effet libérateur elle eut pour les peintres. Ce sont des photographes qui dorénavant furent chargés de transposer le monde en images. Si le peintre sortit désormais de son atelier, ce fut à la manière des impressionnistes, dans un certain esprit de vacances et pour se livrer corps et âme à sa seule et unique passion, la peinture n’ayant alors pour but que la peinture elle-même. L’artiste entreprit pour son propre compte une exploration inventive de son art sans autre intention que celle de créer.
C’était désormais au tour du photographe d’être l’esclave, à tout le moins le prisonnier de la réalité. Avec lui, les images étaient plus vraies que nature. Si le roi avait un gros nez au milieu du visage, la photographie le montrait tel quel. Les plantes, les animaux, les ruisseaux, les fleurs, l’univers tout entier se retrouvait désormais intégralement fixé sur la pellicule. Le photographe exécutait humblement ses tâches et une photographie, pour peu qu’elle fût techniquement réussie, était belle en vertu quasi uniquement de la beauté qu’elle donnait à voir : celle d’un paysage séduisait ; une jolie femme charmait, etc.
Encore aujourd’hui le paysage82 évoque en nous des sentiments de réconfort, suscite le désir d’un ressourcement en quelque lieu idyllique. Souvent ce n’est pas la photographie, laquelle peut être médiocre, que nous admirons, mais bien ce qu’elle représente. Les chatons sont mignons, les chiens ont une belle bouille, tandis que les chevaux dans le pré courent comme en imagination notre liberté seule sait le faire. Or tout cela, indépendamment de la qualité du cliché, risque de nous faire confondre une beauté avec une autre, la beauté du sujet avec celle, parfois minime, qui la rend accessible à nos sens.
Je crois le clou suffisamment enfoncé. Encore quelques petits coups et ce sera tout.
Comme l’écrivent les collégiens dans leurs dissertations, nous pouvons avancer que « de tout temps » l’image aléatoire, celle qui provient d’une sorte de hasard objectif, a pu susciter l’émerveillement. Le dégât que produit sur la table le verre de lait renversé irrite les parents de l’enfant, mais ce dernier s’en amuse, il le contemple, il y voit des formes intrigantes. Tout comme lui, une fois l’enfant mis au lit, ses parents se délectent du jeu des nuages, de leurs formes. Ils prennent plaisir à y découvrir des objets, des personnages, des visages. Les métamorphoses des nuages sont comme des métaphores. Comme les taches du test de Rorschach, les nuages donnent lieu à des associations : on y projette de manière fantaisiste ses sentiments, ses lubies, ses intérêts, voire ses obsessions.
Hugo, qui toucha à tout avec brio, a peut-être été l’un des tout premiers artistes à créer volontairement des œuvres abstraites. Outre ses châteaux d’encre, ses paysages crépusculaires, ses cieux et ses océans infinis, on rencontre dans ses illustrations des formes non figuratives découlant d’une cafetière. C’est du café tout simplement versé que naît, tout comme dans le dégât d’enfant, un jeu de formes gratuit, énigmatique et séduisant. C’est de l’enfance retrouvée. De l’imagination libérée.
Enfin, nous voici parvenus au haut de notre escalier. La salle s’ouvre devant nos yeux émerveillés. Dès l’entrée, les photographies de Laroche nous interpellent.
Elles sont très belles. C’est le moins que nous puissions dire. Nous pourrions maintenant nous taire, nous contenter de regarder en toute liberté. Oui, cela est beau. Mais la question des questions cependant demeure : pourquoi est-ce si beau ? Ce n’est pas une question simple, elle se subdivise en branches multiples : pourquoi devient en quoi ? Puis, devient pour qui ? Aux yeux de qui ? En vertu de quel principe ?
Peut-on à notre déclaration de beauté rattacher une quelconque « science » de l’esthétique ? Nous sommes devant ce que l’on pourrait appeler de l’abstraction « pure ». Cette forme d’art ne repose pas tout à fait sur une assise concrète, naturelle. Ce n’est pas le cas avec le cubisme. Lui ne relève pas de l’abstraction pure, dans la mesure où l’élaboration de la toile chez les cubistes trouve sa source dans la nature, le paysage, le corps humain, un bâtiment, un objet, violon, guitare, que sais-je ? Dans l’abstraction pure, à quelle source notre jugement puise-t-il alors cette eau qui repaît sa soif de beauté ?
À la limite, le peintre ou le photographe nous laisse seuls devant l’image. Ils n’interviennent pas. Le photographe ne fournit aucun indice, n’intitule pas son œuvre, n’offre qu’un numéro en guise de titre. Laroche donne parfois des titres à ses clichés. On peut ou non en tenir compte, faire avec ou sans eux.
Quoi qu’il en soit, pour le regardeur s’accomplit un processus d’appropriation de l’image ; son imagination l’investit, prend le relais, tente de s’approprier ce qui est vu, d’y projeter ou d’y superposer sa propre vision.
Notre ravissement peut être comparé à celui qu’offre la nature : comme chez Caillois, avec les pierres éblouit ce qui provient des entrailles de la Terre.
Laroche découvre tout autour de lui des déchets ou des restes de l’industrie, des murs à l’abandon83. Dans cette décrépitude son regard réalise une sorte de résurrection de la beauté : des formes aléatoires, dues à l’érosion ou à une sorte d’empoussièrement, deviennent des révélateurs, parlent à notre regard, suggèrent des analogies. Ce sont des beautés qui se peuvent comparer à celles qu’offre l’observation des étoiles.
Notre photographe jette un regard au-delà des simples évidences que sont les objets inertes et froids, produits détruits de notre quotidien : objets méprisés, rebuts, qu’on oublie de regarder de plus près, objets relégués au second plan en vertu d’une méprise. C’est qu’on ne voit justement pas en quoi pourrait résider leur beauté une fois déclarée leur inutilité. Tellement inutiles que personne ne fait à leur endroit quelque déclaration que ce soit.
Ponge au siècle dernier a pris le parti des choses. Laroche va plus loin, il s’attache à des fragments de choses, à de la matière infime. Ce ne sont pas les objets qui l’intéressent, mais bien ce que recèlent à y regarder de plus près les matières inertes, rarement organiques, qui nous entourent.
Hélas, on ne peut tout dire ! J’aurai laissé ici tant de choses en suspens, dont celle-ci : en photographie comme en poésie, l’approche de Laroche en est une d’intelligence. On considère souvent que les esprits « réfléchis » sont froids. On reproche à Mallarmé, puis à Valéry un certain hermétisme. On ne voit pas que le lecteur lui-même souvent ne sait pas s’y prendre. Il faudrait déplorer moins le défaut de l’œuvre, sa faute, que la défaillance de qui ne fournit pas suffisamment sa part : Gide parlait d’une nécessaire « collaboration ».
J’observe dans le travail de notre ami photographe ce qu’on pourrait appeler une sensibilité de l’intellect, une créativité où entrent à la fois calcul et rigueur. Laroche ne fait pas n’importe quoi, n’importe comment. Il procède à la manière du pic mis en exergue à cette divagation. Il travaille avec sa tête. Il s’applique à transformer la matière, s’attaquant au contenant d’abord, afin de mieux libérer un contenu que l’autre (celui qui lit le poème ou regarde l’image) est alors libre de contempler en donnant libre cours à sa propre imagination.
Peut-on voir ici un paradoxe ? Car on aurait pu penser qu’une telle rigueur rechercherait des formes purement géométriques, du rectiligne, des jeux de proportions savamment ordonnées, résultant de calculs méticuleux, d’autant que l’ami poète-photographe possède une formation scientifique ! Or le résultat de ses travaux est plutôt de l’ordre de l’abstraction lyrique : plus proche de Borduas que de Mondrian.
Devant Paysage avec figures84 ou avec Au nord de la solitude85 et tant d’autres photographies, obligatoirement nous nous arrêtons, comme sous le coup d’un décret provenant d’une puissance suprême. Qu’est-ce que la beauté ? C’est une affaire de regard, certes, mais au-delà du regard, favorisé par le regard, dans le silence de tout discours, sans chercher à relier ce qui est vu à quelque élément que ce soit de notre monde réel, il y a une sorte d’émotion qui n’est jamais bien loin de ce que met en place le sacré. Un mystère recèle une part de beauté en cela qu’il nous place justement en face du mystère.
En toute amitié, pour nous et ce qui constitue notre univers, dans le déclassement et la dévalorisation de ses ruines, Yves Laroche parvient à dénicher et à créer de la beauté. Nous lui en sommes reconnaissants.
