Jennifer Lavallé : Écarlates : Poésie : Pierre Turcotte Éditeur : 2024 : 68 pages

C’est à sa manière qu’il conviendrait de parler de ce livre, le plus simplement du monde, en se conformant à la parole si franche et si directe de la poète. La Bruyère propose de dire « il pleut » si l’on veut dire qu’il pleut. Il suggère ainsi d’éviter les circonlocutions qui risquent d’entraîner le brouillage du propos, il incite à éviter de métaphoriser le discours à outrance. On craindrait à trop suivre ses recommandations d’aplanir, d’araser toute forme de poéticité. C’est là un écueil que notre autrice fort heureusement ne rencontre pas. Un équilibre quasi naturel, qui peut-être tient justement à sa nature, empêche cette dernière de produire de plats énoncés. Du reste, il serait improbable, vu le sujet qu’elle aborde, que ses écrits soient exempts de relief et que de vives émotions ne les animent pas. Se tenir telle une funambule sur le haut fil d’une exigence poétique tout en maintenant l’équilibre entre une grande lisibilité et une fine et efficace expression poétique, voilà le pari que relève plus qu’habilement cette écrivaine. Mais ce n’est pas tant son indéniable habileté qui nous ravit que les accents de vérité qui partout affleurent dans ses poèmes, poèmes qui se sont imposés à elle, et pour cause, elle a fait face à une épreuve que seule l’écriture allait lui permettre de traverser, bien qu’une telle épreuve laisse à jamais des traces indélébiles. 

Ce sont des traces tangibles. Contenues dans un dossier bleu ; ce sont les poèmes du présent recueil, ainsi qu’une ordonnance et une échographie. Ce sont surtout des traces, immatérielles, sensibles, logées dans le cœur ou si l’on préfère dans l’âme, dans la psyché de celle qui aurait pu devenir mère une fois de plus. Écarlates, ce titre est au pluriel, car le drame de l’avortement, pour individuel qu’il soit, interpelle toutes celles qui lui sont confrontées. « À l’hôpital le jour J / j’ai rencontré une femme désespérée / venue du Sénégal / sans papiers / quand elle a vu l’embryon glisser dans la cuvette / elle a hurlé // je n’ai rien vu / qu’une couleur écarlate ». Ce poème éclaire le titre de ce beau recueil qui du début à la fin fait entendre le doux hurlement, la triste plainte de celle qui a dû renoncer à une nouvelle maternité : « on ne peut pas tout avoir / pas tout / c’est tout ». Il faut choisir. « je ne voulais pas t’avoir / je ne pouvais pas de toute façon ». Les raisons, les détails, le fin fond de l’histoire, les conjonctures de cet avortement ne sont pas précisés. L’essentiel est ailleurs, dans le cœur justement de la poète où sévissent les traces du drame, où tendrement est bercée la pensée de ce petit être qui jamais n’aura été. La tendresse fait la richesse du recueil, à laquelle richesse s’ajoute un témoignage qui sans toutefois relever de la pensée essayistique donne à penser. Par ailleurs, c’est avec doigté que ces poèmes sont composés. Certains ont une valeur poétique seyant à la fragilité du sujet, le vers délicat y semble friable ; on retient de ces poèmes la douloureuse vérité qu’ils recèlent et expriment en toute transparence. Leur témoignage est d’autant plus saisissant. L’expérience, mais ce mot convient-il ? est transmise directement comme dans le cinéma-vérité. On assiste à des scènes, non pas traitées en long et en large, mais évoquées sans être développées. Autrement dit, le récit est fragmenté, son fil interrompu est repris de loin en loin, coupé en quelque sorte par des méditations, des réminiscences. Petite scène de la vie quotidienne ou prose de la vie ordinaire, un grutier à la fenêtre marche sur la grue « au péril de sa vie ». Que fait-il dans ce recueil ? Sa présence n’a rien d’inopiné. Il occupe une place parallèle à celle d’un funambule apparaissant dans le poème liminaire : « sans ombre sans voix / tu surgis / funambule de l’air // je te suis ». Pas un mot de trop dans ce poème. Sa chute même, si simple, dit beaucoup. Il y a ici un art voisin de la litote, du moins ces vers disent beaucoup. Le lecteur, au départ, l’ignore, mais ce funambule reviendra, et l’on comprendra alors pourquoi il est sans ombre et sans voix. Et l’on constatera évidemment que la « narratrice » le suit, lui emboîtant le pas, non qu’elle-même entreprend de cesser de vivre, mais la voici irrémédiablement à la remorque de l’absence du funambule, de son manque en creux remuant encore et pour longtemps, tel un souvenir, dans son ventre que, songeuse, il arrive à la femme de caresser tout doucement. Tout comme le grutier, la jeune femme se trouve « au-dessus d’un précipice ».

Le ton de la plupart des poèmes de la première section du recueil est simple, voire familier. La poète évoque des moments que l’on peut vivre dans la vie de tous les jours. Une vieille femme, une femme sage et non pas une sage-femme, énonce un lieu commun, criant de vérité comme le sont la plupart des lieux communs (« l’on comprend le littéral d’une expression usée »). Le message dont elle est porteuse a été cité plus haut : « on ne peut pas tout avoir / pas tout / c’est tout ». La vieille dit vrai. Sauf qu’une fois qu’on a avorté, des débris perdurent. Le « fugace oiseau chétif », le petit « funambule de l’air », bien que « rendu au bleu des étoiles » demeure ancré dans l’esprit de la femme qui écrit, qui écrit à celui ou celle qui n’aura « été ni fille ni garçon », qui écrit pour lui dire son amour. C’est une femme seule qui écrit, seule avec son chagrin, seule avec « cet enfant [qui] restera éphémère / comme les insectes qui portent ce nom ».

Exorcisme, exutoire, elle écrit pour « s’avouer à soi-même des choses dans le secret clair du livre ». Il s’agit pour elle de vivre à travers les mots ce fort sentiment qui l’habite, d’aller à la rencontre des émotions contradictoires qui la déchirent. Car ce n’est pas tout, l’on ne peut pas tout avoir, mais ce à quoi l’on a renoncé, s’agissant d’un petit être virtuel, comme le refoulé revient sans cesse nous hanter : « comment dire ce vide / ce dégoût de moi-même ? » La poète consent à ressasser cela qui la hante. Il lui faut revenir sur les moments marquants de cet événement. Lors d’une visite de contrôle, après, ne restent que « des débris ». Au propre, mais au figuré aussi, des débris. Autant dire des regrets, des remords. Dans plusieurs passages se trouve exprimé un fort sentiment de culpabilité. Il est question de pardon : « je t’ai demandé pardon de l’intérieur » et « je suis coupable / je suis innocente ».

On se souviendra du manifeste des 343, connu aussi sous le nom du manifeste des 343 salopes. Simone de Beauvoir le rédigea. Il débutait ainsi.  

« Un million de femmes se font avorter chaque année en France.
Elles le font dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées, alors que cette opération, pratiquée sous contrôle médical, est des plus simples.

On fait le silence sur ces millions de femmes.

Je déclare que je suis l’une d’elles. Je déclare avoir avorté.

De même que nous réclamons le libre accès aux moyens anticonceptionnels, nous réclamons l’avortement libre. »

Les idées en faveur desquelles milite la grande intellectuelle, la poète de manière implicite les exprime également. Néanmoins, c’est sous une forme sensible qu’elle communique moins un message qu’une expérience personnelle. L’ensemble de ses poèmes tout à fait intimes regorge d’amour. La profonde bonté qu’on y rencontre manifeste une image de la femme avortant qui est à l’opposé de celle que l’on pourrait malheureusement se faire des femmes qui après avoir avorté sont souvent ravalées au rang des salopes.

Les poèmes de ce recueil émeuvent. On devine que la poète les a écrits pour la plupart en pleurant toutes les larmes de son corps.

Mais parfois ton absence furieuse me reprend
à quoi aurais-tu ressemblé ?
je caresse mon ventre
le seul monde que tu auras senti

Ces beaux poèmes tout plein de tendresse maternelle montrent que ce n’est pas que le non-enfant qui est avorté, c’est aussi la non-mère, qui en renonçant à la maternité se voit privée de celui ou celle dont elle couve douloureusement le manque. En perdant le non-enfant qui aurait pu être, une large part de l’être de la femme s’étiole à son tour et s’envole « au bleu des étoiles » pour y retrouver le « fugace oiseau chétif », le petit funambule éphémère. L’amour de la femme caresse alors une absence inscrite au plus creux de son ventre vide.

Ce n’est pas la fin du monde
juste un autre monde

dont tu ne seras pas

je parlerai de toi uniquement
quand j’aurai trop bu

le reste du temps
tu resteras à l’abri des mensonges
et du soleil
tu ne sauras rien
jamais

ni toi de moi ni moi de toi
tu ne pourras même pas m’en vouloir

Un peu avant la fin du recueil se manifeste une légère embellie. Après ce pressentiment d’une joie retrouvée, les poèmes entrent dans la lumière de l’été : « peine s’estompera / je dirai comme tant d’autres avant moi / j’ai fait mon deuil ».

Le petit funambule n’occupe plus l’avant-scène. Certains poèmes sont énigmatiques ; on les relie difficilement au propos. C’est que la poète s’avance au-delà de celle qui fut si malheureuse. Elle échappe peu à peu à ses hantises, à ses regrets. De nouvelles personnes apparaissent, dont le frère. Il a brûlé un pont. Nous entrons dans un nouvel univers. Nous assistons à des scènes de la vie privée. Comme si la poète ouvrait sous nos yeux un album familial. Sans les encadrer, sans élaborer à leur sujet, elle livre des fragments de son monde. Sur ces photos, on voit Roger, « sa cigarette accrochée au coin de la bouche ». Ces poèmes font découvrir une autre facette du talent de la poète. Surtout, comme mentionné ci-haut, ils annoncent une éclaircie, une embellie. Ils sont ensoleillés, vivants, tout pleins de couleurs estivales, de fleurs, de fruits et de beaux paysages : « Les portes cochères font voyager le futur ». Est-ce à dire que le « funambule de l’air » s’est entièrement évaporé ? Qu’il est désormais chose du passé ? Non. La poète conclut son recueil en le ramenant au premier plan, et non sans faire à son tour œuvre de militantisme.

Avorter
le dire l’écrire
affirmer haut et fort que les femmes l’ont gagné
ce droit de choisir
aussi douloureux
et ainsi soit-il

Terminer ce poème avec une formule « liturgique » n’a rien d’innocent, est porteur de gravité, d’un certain sens du sacré. Si la vie est sacrée, le choix d’avorter l’est tout autant. 

Tu ne m’auras jamais connue
petit funambule du point du jour
fée d’air et d’eau
vigoureusement absent(e)
obstinément virtuel(le)
je parle à tes battements de cœur
aux heures partagées
à cet inavouable amour
amour
je n’ai pas d’autre mot
cupidon
clandestin

le vent me veut du bien
glissant son haleine fraîche
sur mes joues brûlées de larmes
mon cœur palmier

C’est là un des derniers poèmes de ce très beau recueil. Sobre, touchant, authentique. Que dire de plus ?

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Auteur : Daniel Guénette

Né le 21 mai 1952, Daniel Guénette est originaire de Montréal. Il a vécu la majeure partie de son existence dans l’arrondissement de Saint-Laurent. Après des études en lettres à l’Université de Montréal, où il obtient un diplôme de maîtrise en création littéraire, il enseigne la littérature au cégep de Granby. En 2011, il prend sa retraite après 34 années d’enseignement. À l’aube de la soixantaine, il renoue avec l’écriture qu’il avait cessé de pratiquer durant près de vingt ans. Il publie chez Triptyque deux recueils de poésie, Traité de l’Incertain en 2013 et Carmen quadratum en 2016, ainsi qu’un récit, L’École des Chiens, en 2015. Dans son œuvre antérieure alternaient ouvrages de poésie (3 titres au Noroît, 2 chez Triptyque) et productions romanesques (3 titres chez Triptyque). Ces ouvrages furent publiés entre 1985 et 1996. L’ensemble fut bien reçu par la critique. À l’occasion du vingtième anniversaire des éditions Triptyque, feu Réginald Martel écrivait : « Et on soupçonne que bien des éditeurs seraient ravis d’inscrire à leur catalogue, parmi quelques auteurs de Triptyque, le nom d’un Daniel Guénette, par exemple. » J. Desraspes a enchanté Jean-Roch Boivin : « Ce roman est un délicieux apéritif, robuste et délicat, son auteur un écrivain de talent et de grands moyens. » Réginald Martel parle d’un roman « qu’on dévore sans reprendre son souffle » ; il salue également la parution des romans qui suivent, se montrant surtout favorable à L’écharpe d’Iris. Pierre Salducci écrit dans Le Devoir un article élogieux sur ce roman : « L’écharpe d’Iris est une réussite, une petite musique qui nous parle de la nature humaine et qu’on n’arrive pas à oublier. Un roman magnifique, un vrai. Pas un phénomène de mode. Pas un produit branché et périssable. Mais de la littérature. Tout simplement. » L’École des Chiens, qui en 2015 marque le retour de l’auteur au récit, a été commentée par divers blogueurs, dont le poète Jacques Gauthier : « Ce beau récit du poète Daniel Guénette évoque, avec pudeur et humilité, les onze années vécues auprès de Max qu’il a dû faire euthanasier à cause d’un cancer. Ils sont rares de tels livres qui traitent si tendrement de la relation entre un homme et son animal de compagnie. Ça parle de vie et de mort, d’attachement et d’amitié, d’enfance et de solitude. » Pour sa part, Topinambulle écrit : « Dans ce très beau récit, un homme apprivoise doucement le deuil de son chien. À la manière de Rousseau, Daniel Guénette nous invite à le suivre dans ses promenades, dans les méandres de ses souvenirs, où l'évocation de l'ami fidèle nous servira de guide. ». Dominic Tardif, dans Le Devoir, 4 juillet 2015 a rendu compte chaleureusement de L’école des chiens. Il a souligné qu’avec ce récit, l’auteur avait produit « de la vraie littérature » : « Plus qu’un livre sur un maître et son animal, L’école des chiens célèbre le pouvoir de l’écriture qui, chez Daniel Guénette, n’aspire pas à remplacer l’en allé, mais bien à en continuer la vie. » Recommandé avec enthousiasme à ses téléspectateurs, L’école des chiens a fait l’objet d’un échange de cadeaux à l’émission LIRE présentée sur ARTV. À partir de 1975, l’auteur a collaboré à diverses revues de littérature à titre de poète et de critique. On a pu lire ses recensions dans la revue Mœbius. Pour l’une d’elles, l’auteur a été finaliste au Prix d’excellence de la SODEP 2016, dans la catégorie Texte d’opinion critique sur une œuvre littéraire ou artistique. Plus récemment, l’auteur a publié deux nouveaux titres en poésie, Varia au Noroît en 2018 et, à l’hiver 2023, La châtaigneraie aux Éditions de la Grenouillère. Pour ce recueil, le poète a été finaliste au Prix d’excellence du webmagazine La Métropole. Dans la recension que réserve à cet ouvrage la revue LQ, le critique Antoine Boisclair écrit: « Ce recueil émouvant, très maîtrisé du point de vue formel, témoigne d’un savoir-faire indéniable. » Le critique et poète français Pierre Perrin écrit dans sa revue trimestrielle de littérature, la revue française « Possibles », ne pas confondre avec la revue québécoise du même nom : « Daniel Guénette a le vers sûr, souvent proche de l’alexandrin, parfois très bref. Il sait restituer une vie, avec sa foudre, ses éclairs, et les moments de calme, voire de communion. La Châtaigneraie constitue un beau recueil presque filial. » Pour sa part, dans Le Ou'tam’si magazine, Nathasha Pemba déclare que « La châtaigneraie est un recueil de poésie qui a l’allure d’un hommage, d’un renouvellement du contrat amical. C’est une poésie ontologique qui va au fond des choses pour faire émerger l’être. Daniel Guénette une fois plus confirme qu’il est poète, le poète de l’amitié, le poète de l’altérité, le poète de l’éternité. » Outre ces recueils de poésie, l’auteur fait paraître quelques nouveaux romans. De Miron, Breton et le mythomane, paru en 2017 à La Grenouillère, Dominic Tardif écrit dans Le Devoir : « Chronique des glorioles imaginaires d’un grand taquin aimant (se) conter des histoires et fabuler une légendaire vie d’aventures, Miron, Breton et le mythomane est le carton d’invitation d’une fête organisée en l’honneur du mensonge auquel s’abreuve n’importe quelle forme de littérature digne de ce nom. » Pour sa part, Dédé blanc-bec reçoit dans Nuit Blanche un commentaire signé Gaétan Bélanger : « Le ton poétique empreint d’humour et de nostalgie adopté par l’auteur rend extrêmement agréable la lecture de ce roman émouvant. Il faut préciser que, tout d’abord, il est un peu déroutant de suivre les bonds fréquents de la narration dans le temps. Plus que de simples digressions, elles donnent parfois l’impression que l’auteur saute du coq à l’âne pour revenir aux mêmes événements, observés sous un angle différent. Mais on s’habitue vite à cette manière ou à ce style et on l’apprécie pour son originalité. Voilà donc un roman au texte minutieusement poli et se démarquant par sa qualité et son audace. » Vierge folle est le dernier roman de l’auteur. La recension parue dans Culture Hebdo se termine avec ces mots : « Nous vous laissons le soin de découvrir la conclusion. Excellent, est un euphémisme. On a adoré. » Ce roman, sans doute le meilleur de l’auteur, s’il a suscité l’enthousiasme de ses lecteurs n’a guère fait l’objet de recensions sérieuses. Pour des recensions sérieuses, il aura fallu attendre l’hiver 2023. Au billet d’Antoine Boisclair portant sur La châtaigneraie, se sera ajoutée dans Le Devoir une chronique de Louis Cornellier consacrée non pas à un roman ou un recueil, mais à un essai. Le journaliste y salue d’abord le travail entrepris par l’écrivain sur son blogue : « Fin lecteur de poésie, l’écrivain s’y impose comme un critique raffiné, érudit et amical dont le style, limpide et élégant, s’apparente à celui de la conversation relevée. Ces qualités en font une rareté dans le paysage littéraire québécois. » Puis, il rend compte de l’essai : « Dans Le complexe d’Orphée (Nota bene, 2023, 186 pages), l’écrivain se fait plus essayiste que critique en proposant « une manière de promenade » dans laquelle il tente « de saisir la nature de la poésie ». Fidèle à son approche modeste et exploratoire, il déambule en compagnie des poètes et penseurs qu’il aime afin de délimiter son objet, tout en cultivant le souci de ne pas l’enfermer. » Il conclut sa chronique en ces termes : « Partisan des « poèmes limpides » qui disent de « simples vérités », Guénette trouve dans la poésie un antidote « à l’endormissement de [ses] facultés » ou, comme l’écrit Valéry, un discours « chargé de plus de sens, et mêlé de plus de musique, que le langage ordinaire n’en porte et n’en peut porter ». Fénelon aurait aimé ce livre admirable. » La conclusion de l’article d’Antoine Boisclair portant sur La châtaigneraie était elle aussi plutôt réjouissante : « Romancier accompli (son dernier récit, Vierge folle, est paru en 2021 aux éditions de La Grenouillère), critique littéraire important (son blogue, intitulé Dédé blanc-bec, offre des comptes rendus très étoffés sur des publications québécoises), Daniel Guénette est aussi un poète qui mérite toute notre attention. »

7 réflexions sur « Jennifer Lavallé : Écarlates : Poésie : Pierre Turcotte Éditeur : 2024 : 68 pages »

  1. «Se tenir telle une funambule sur le haut fil d’une exigence poétique tout en maintenant l’équilibre entre une grande lisibilité et une fine et efficace expression poétique, voilà le pari que relève plus qu’habilement cette écrivaine.»

    Quelle riche appréciation et aussi quelle sensibilité pour cette poète qui aborde une thématique si délicate!

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