Claude Paradis : Écrire son nom dans la poussière : Poésie : Éditions Mains libres : 2025 : 90 pages

Premières impressions de lecture. Ce livre de poèmes fait entendre une voix familière. Lorsqu’on a lu déjà quelques recueils de l’auteur, si même on le fréquente à l’occasion des capsules qu’il offre sur les réseaux sociaux, alors que de sa voix chaleureuse il lit ses poèmes semaine après semaine, c’est avec un grand plaisir qu’on retrouve ici un tel ami encore plus présent que jamais, quasi matériellement présent grâce à l’objet livre, qui permet mentalement d’accompagner le poète dans ses randonnées, dans ses rêveries de promeneur solitaire, alors qu’il tend l’oreille pour mieux saisir le bruissement du vent, le chant des oiseaux dans les branches, posant un fin regard sur les choses du monde afin de mieux s’en pénétrer.

Claude Paradis refuserait sans doute qu’on associe sa poésie à celle d’un sage. Trop d’inquiétude peut-être l’éloigne de la véritable sagesse. Et pourtant. Il y a de la sagesse à ne pas outrepasser la puissance de sa voix, à la maintenir en modeste régime, comme un murmure, avoisinant le silence, mais toujours parfaitement audible, à la portée presque du premier interlocuteur venu. Sagesse dans le maintien aussi de la métaphore, jamais outrancière, jamais tirée par les cheveux, charriant des significations qu’on saisira aisément dans la mesure où l’auteur a justement quelque chose à dire à quelqu’un et tient à s’en faire entendre. Ainsi ne cède-t-il jamais à la tentation de laisser les mots en faire à leur guise. Il ne lâche pas la bride. Chez lui, les mots vont à petit trot. Nulle débandade dans ses vers qui tendent presque naturellement à frayer leur voie à même la prose la plus humble.

Il y aurait beaucoup à dire sur le style de Paradis. Sa limpidité fait presque oublier sa maîtrise (qui bien entendu n’a rien d’ostensible, je dirais surtout, rien d’ostentatoire), maîtrise dont la discrétion n’oblitère pas les bonheurs d’expression, la qualité intrinsèque de son style. Au-delà du mot à mot et de la phrase, un ton est donné, une manière d’être dans la langue qui est aussi une conduite adoptée dans le monde où vit le poète. On aura compris que cette manière d’être (dans la langue et la vie) est en parfaite adéquation avec la posture philosophique à laquelle implicitement je référais en parlant de la sagesse de Paradis. Ce qui caractérise la poésie de ce dernier est peut-être sa transparence. Une sorte d’invisibilité qui s’oppose à toute posture de « m’as-tu vu ». C’est une poésie qui donc n’en met jamais plein la vue. Pour cette raison, d’aucuns seraient tentés de déclarer qu’il y a chez Paradis une manière de degré zéro de la poésie. Vue l’absence de figures clinquantes, d’audaces verbales attentant à la nature « naturelle » de la langue, de recherches formelles inédites et quoi encore ? il n’y aurait tout simplement pas de poésie dans les poèmes de cet auteur, poèmes qui, du reste, se rapprochent à un tel point de la prose qu’ils finissent par y verser leur substance, et ce, malgré le recours au vers. Ce sont là bien entendu des propos à nuancer. Mais, circonstance des plus aggravantes, comment pourrait-on à leur endroit parler de poésie puisque tout ce qui y est exprimé, communiqué est clair comme de l’eau de roche ? La poésie, pourrait-on penser, se reconnaît au fait qu’on doit y chercher midi à quatorze heures, si l’on veut finir par se résoudre à admettre qu’on ne l’y trouvera pas, qu’on n’y comprend pas grand-chose, et que somme toute mieux vaut déclarer forfait.

Ainsi toutes les qualités de la poésie de Paradis peuvent-elles se voir tournées en défauts et, inversement, tous ses défauts en qualités. Pour ma part, on l’aura deviné, je considère que tous les supposés défauts qu’on pourrait être tenté de lui attribuer sont à vrai dire de fort précieuses qualités.

Qualité : Une voix poétique se laissant facilement entendre.
Qualité : Une présence à laquelle cette voix donne accès.
Qualité : Des propos relatifs à des expériences de vie commune.  
Qualité : Des poèmes distincts les uns des autres.
Qualité : La variété de poèmes au service de l’homogénéité de l’ensemble.
Qualité : Le partage des sentiments et des idées.
Qualité : La probité morale et intellectuelle.

Cette énumération sommaire et quelque peu simpliste aplatit la présentation du recueil, en donne une piètre idée.

En fait, je cherche à dire ici un plaisir de lecture. Je l’attribue bien sûr en grande partie aux diverses qualités mentionnées ci-haut. Je dois afin d’identifier ce plaisir, qui n’est pas qu’un plaisir, mentionner le baume que procure ici la rencontre d’un homme qui dans sa parole et par sa parole témoigne des choses les plus graves ainsi que des plus belles. On me dira que ce phénomène est loin d’être rarissime, que tous les poètes, les vrais (s’il en est des faux) tendent à cette rencontre, qu’elle est essentielle et que tout poème digne de ce nom (si certains en sont indignes) procure ce genre d’expérience.

C’est chez moi un dada, je le reconnais. Depuis que je lis beaucoup de poésie contemporaine, et qui plus est québécoise, j’en suis venu à réfléchir dans les termes suivants lorsque pour moi vient le temps de rédiger un compte-rendu de lecture. J’ai observé que dans certains ouvrages de poésie le référent brille quasiment par son absence, qu’il faut partir à sa découverte si l’on veut finir par l’identifier. Un titre a beau livrer quelques indices, la plupart du temps même ces indices exigent qu’on les déchiffre. Par exemple, avec Écrire son nom dans la poussière, bien malin qui peut sans avoir entamé la lecture du livre savoir au juste quel en est le sujet. Or, dès qu’on ouvre l’ouvrage, une dédicace éclaire le lecteur : il est dédié à la mère de l’auteur : « À la mémoire de ma mère, Huguette Gobeil (1931-2012) ». Puis, un très beau poème liminaire justifie le titre de l’ouvrage, en identifie le référent, du moins l’un de ses référents. Puis, pour chaque poème, et ce sans exception, un référent est toujours clairement identifiable. C’est dire que Claude Paradis n’est pas un faiseur d’énigmes. J’emprunte de mémoire l’expression « faiseur d’énigmes » à Roger Caillois. Je crois qu’on aurait intérêt, qu’on soit lecteur, lectrice de poésie ou poète, à lire Les impostures de la poésie afin de savoir à quelle enseigne on désire se situer. Paradis en tout cas se refuse à jouer le jeu qui consiste à dissimuler du sens, voire une absence de sens, au sein de ses poèmes. C’est un reproche que lui adresseront certains, qu’évidemment je ne lui fais pas. Cela dit, il ne suffit pas d’avoir identifié ses référents pour pouvoir cheminer dans une œuvre poétique. On a beau savoir de quoi il est question, encore faut-il être apte à saisir ce que le poète veut nous dire (il est possible qu’il ne veuille rien nous dire, qu’il n’ait rien à dire, qu’il dise sans trop savoir ce qu’il dit ou même qu’il n’écrive pas afin de dire quelque chose à quelqu’un). On aura compris. Comme tout un chacun, lisant des ouvrages de poésie, je fais face à des ouvrages parfois hermétiques, parfois très hermétiques et parfois plus faciles d’accès. Le livre de Paradis appartient à cette dernière catégorie.

Un recueil de poésie dont on lit les poèmes avec plaisir, où l’on tourne les pages comme on tourne les pages d’une lettre qui nous est adressée, est-il nécessairement un bon recueil ? Ou, si l’on a choisi le camp de ceux et celles qui tiennent pour défectueux ou fautifs les poèmes lisibles (la lisibilité étant un critère d’indigence littéraire), des poèmes comme ceux de Paradis pèchent-ils par un excès d’absence d’excès ?

J’ai dit que j’entendais ici livrer des impressions de lecture. Je m’en tiendrai pour aujourd’hui à ce que je viens d’écrire, conscient du reste de n’avoir rien dit. Toutefois, autre dada, je veux une fois encore écrire dans la poussière le nom de Fénelon et pourquoi pas celui aussi de Léautaud.

Fénelon d’abord : « Je veux un sublime si familier, si doux et si simple, que chacun soit d’abord tenté de croire qu’il l’aurait trouvé sans peine, quoique peu d’hommes soient capables de le trouver. […] Je veux un homme qui me fasse oublier qu’il est l’auteur, et qui se mette comme de plain-pied en conversation avec moi. »

Il me semble que la poésie de Claude Paradis répond tout à fait au vœu de Fénelon. On peut croire, tant ses poèmes sont simples, que le premier venu pourrait en faire tout autant. Ce serait une erreur. Du reste, ce qui nous saisit tout d’abord dans les poèmes de cet auteur, ce n’est pas leur brio, pas leur virtuosité, mais bien comme le dit Fénelon le « sublime si familier » dont ils font montre. Du reste, le poète en priorité ne cherche pas à l’atteindre, ses objectifs sont tout autre : il veut, ce me semble, entreprendre une quête de sens ; il tente de se frayer dans la vie un chemin de liberté, et pour ce faire, il recourt à la poésie : il veut saisir malgré le temps qui file trop rapidement des instants d’éternité (ces derniers mots, « instants d’éternité » se trouvent peut-être textuellement dans le recueil). Impressions de lecture, ai-je dit, dont celle-ci, qui certes n’est pas une impression : Paradis est comme l’écrivait Fénelon un auteur qui « se met de plain-pied en conversation avec [nous]. »

Quant à Léautaud, on se souviendra qu’il n’appréciait guère la poésie de Valéry, la jugeant absconse, contournée, artificielle. Léautaud privilégiait les poèmes plus simples. En écriture, que celle-ci fût poétique, romanesque ou autre, Léautaud préconisait une écriture conforme au vœu de Fénelon, vœu dont il avait eu vent ou non (il se pourrait que Léautaud n’ait jamais lu Fénelon). Selon l’auteur du Petit ami, d’In Memoriam, plus connu pour son fameux Journal littéraire, l’idéal se rencontrait chez Stendhal : il fallait écrire le plus simplement du monde, comme lorsqu’on écrit une lettre. Claude Paradis écrit des poèmes qui ressemblent à des lettres écrites sans afféteries aucunes ; ce sont des lettres où il « se met de plain-pied en conversation avec [ses lecteurs et lectrices]. »

Et pour terminer, alors que je viens d’écrire tout le bien que je pense de ce recueil, j’ajoute que, témoignant de sa valeur, mon commentaire n’a pas même abordé sa substance. C’est dire que j’aurai beaucoup à dire lorsque je le ferai.

Dans l’article plus étoffé que je désire lui consacrer, je mettrai l’accent sur la pensée du « pensif » qu’est Paradis. Un « pensif » comme l’était Jacques Brault (un extrait d’Au fond du jardin est mis en exergue dans le recueil de Paradis). Dans Au bout du chemin, collectif de lettres posthumes adressées à feu Jacques Brault, Robert Melançon parle de « la rigueur sans effort ni raideur de ton cheminement comme poète et prosateur et, j’ose le dire, penseur, bien que tu aies récusé, je ne sais plus où, ce terme auquel tu préférais celui de pensif. » De nombreux liens unissent le travail de Paradis à celui de Brault.

J’aborderai dans ce futur article non seulement la pensée de l’auteur d’Écrire son nom dans la poussière, mais aussi la tendresse des sentiments qui parcoure ce recueil où le poète dit son amour pour les siens, sa mère bien entendu, son père également et ses enfants. Je tâcherai de montrer en quoi l’auteur n’a pas tort de déclarer que « La vie est un poème très simple », mais que cette simplicité n’est pas donnée, qu’il faut la mériter, cheminer longuement afin de l’accueillir, ne serait-ce que partiellement, à la faveur d’un bref moment d’éternité passagère.

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Auteur : Daniel Guénette

Né le 21 mai 1952, Daniel Guénette est originaire de Montréal. Il a vécu la majeure partie de son existence dans l’arrondissement de Saint-Laurent. Après des études en lettres à l’Université de Montréal, où il obtient un diplôme de maîtrise en création littéraire, il enseigne la littérature au cégep de Granby. En 2011, il prend sa retraite après 34 années d’enseignement. À l’aube de la soixantaine, il renoue avec l’écriture qu’il avait cessé de pratiquer durant près de vingt ans. Il publie chez Triptyque deux recueils de poésie, Traité de l’Incertain en 2013 et Carmen quadratum en 2016, ainsi qu’un récit, L’École des Chiens, en 2015. Dans son œuvre antérieure alternaient ouvrages de poésie (3 titres au Noroît, 2 chez Triptyque) et productions romanesques (3 titres chez Triptyque). Ces ouvrages furent publiés entre 1985 et 1996. L’ensemble fut bien reçu par la critique. À l’occasion du vingtième anniversaire des éditions Triptyque, feu Réginald Martel écrivait : « Et on soupçonne que bien des éditeurs seraient ravis d’inscrire à leur catalogue, parmi quelques auteurs de Triptyque, le nom d’un Daniel Guénette, par exemple. » J. Desraspes a enchanté Jean-Roch Boivin : « Ce roman est un délicieux apéritif, robuste et délicat, son auteur un écrivain de talent et de grands moyens. » Réginald Martel parle d’un roman « qu’on dévore sans reprendre son souffle » ; il salue également la parution des romans qui suivent, se montrant surtout favorable à L’écharpe d’Iris. Pierre Salducci écrit dans Le Devoir un article élogieux sur ce roman : « L’écharpe d’Iris est une réussite, une petite musique qui nous parle de la nature humaine et qu’on n’arrive pas à oublier. Un roman magnifique, un vrai. Pas un phénomène de mode. Pas un produit branché et périssable. Mais de la littérature. Tout simplement. » L’École des Chiens, qui en 2015 marque le retour de l’auteur au récit, a été commentée par divers blogueurs, dont le poète Jacques Gauthier : « Ce beau récit du poète Daniel Guénette évoque, avec pudeur et humilité, les onze années vécues auprès de Max qu’il a dû faire euthanasier à cause d’un cancer. Ils sont rares de tels livres qui traitent si tendrement de la relation entre un homme et son animal de compagnie. Ça parle de vie et de mort, d’attachement et d’amitié, d’enfance et de solitude. » Pour sa part, Topinambulle écrit : « Dans ce très beau récit, un homme apprivoise doucement le deuil de son chien. À la manière de Rousseau, Daniel Guénette nous invite à le suivre dans ses promenades, dans les méandres de ses souvenirs, où l'évocation de l'ami fidèle nous servira de guide. ». Dominic Tardif, dans Le Devoir, 4 juillet 2015 a rendu compte chaleureusement de L’école des chiens. Il a souligné qu’avec ce récit, l’auteur avait produit « de la vraie littérature » : « Plus qu’un livre sur un maître et son animal, L’école des chiens célèbre le pouvoir de l’écriture qui, chez Daniel Guénette, n’aspire pas à remplacer l’en allé, mais bien à en continuer la vie. » Recommandé avec enthousiasme à ses téléspectateurs, L’école des chiens a fait l’objet d’un échange de cadeaux à l’émission LIRE présentée sur ARTV. À partir de 1975, l’auteur a collaboré à diverses revues de littérature à titre de poète et de critique. On a pu lire ses recensions dans la revue Mœbius. Pour l’une d’elles, l’auteur a été finaliste au Prix d’excellence de la SODEP 2016, dans la catégorie Texte d’opinion critique sur une œuvre littéraire ou artistique. Plus récemment, l’auteur a publié deux nouveaux titres en poésie, Varia au Noroît en 2018 et, à l’hiver 2023, La châtaigneraie aux Éditions de la Grenouillère. Pour ce recueil, le poète a été finaliste au Prix d’excellence du webmagazine La Métropole. Dans la recension que réserve à cet ouvrage la revue LQ, le critique Antoine Boisclair écrit: « Ce recueil émouvant, très maîtrisé du point de vue formel, témoigne d’un savoir-faire indéniable. » Le critique et poète français Pierre Perrin écrit dans sa revue trimestrielle de littérature, la revue française « Possibles », ne pas confondre avec la revue québécoise du même nom : « Daniel Guénette a le vers sûr, souvent proche de l’alexandrin, parfois très bref. Il sait restituer une vie, avec sa foudre, ses éclairs, et les moments de calme, voire de communion. La Châtaigneraie constitue un beau recueil presque filial. » Pour sa part, dans Le Ou'tam’si magazine, Nathasha Pemba déclare que « La châtaigneraie est un recueil de poésie qui a l’allure d’un hommage, d’un renouvellement du contrat amical. C’est une poésie ontologique qui va au fond des choses pour faire émerger l’être. Daniel Guénette une fois plus confirme qu’il est poète, le poète de l’amitié, le poète de l’altérité, le poète de l’éternité. » Outre ces recueils de poésie, l’auteur fait paraître quelques nouveaux romans. De Miron, Breton et le mythomane, paru en 2017 à La Grenouillère, Dominic Tardif écrit dans Le Devoir : « Chronique des glorioles imaginaires d’un grand taquin aimant (se) conter des histoires et fabuler une légendaire vie d’aventures, Miron, Breton et le mythomane est le carton d’invitation d’une fête organisée en l’honneur du mensonge auquel s’abreuve n’importe quelle forme de littérature digne de ce nom. » Pour sa part, Dédé blanc-bec reçoit dans Nuit Blanche un commentaire signé Gaétan Bélanger : « Le ton poétique empreint d’humour et de nostalgie adopté par l’auteur rend extrêmement agréable la lecture de ce roman émouvant. Il faut préciser que, tout d’abord, il est un peu déroutant de suivre les bonds fréquents de la narration dans le temps. Plus que de simples digressions, elles donnent parfois l’impression que l’auteur saute du coq à l’âne pour revenir aux mêmes événements, observés sous un angle différent. Mais on s’habitue vite à cette manière ou à ce style et on l’apprécie pour son originalité. Voilà donc un roman au texte minutieusement poli et se démarquant par sa qualité et son audace. » Vierge folle est le dernier roman de l’auteur. La recension parue dans Culture Hebdo se termine avec ces mots : « Nous vous laissons le soin de découvrir la conclusion. Excellent, est un euphémisme. On a adoré. » Ce roman, sans doute le meilleur de l’auteur, s’il a suscité l’enthousiasme de ses lecteurs n’a guère fait l’objet de recensions sérieuses. Pour des recensions sérieuses, il aura fallu attendre l’hiver 2023. Au billet d’Antoine Boisclair portant sur La châtaigneraie, se sera ajoutée dans Le Devoir une chronique de Louis Cornellier consacrée non pas à un roman ou un recueil, mais à un essai. Le journaliste y salue d’abord le travail entrepris par l’écrivain sur son blogue : « Fin lecteur de poésie, l’écrivain s’y impose comme un critique raffiné, érudit et amical dont le style, limpide et élégant, s’apparente à celui de la conversation relevée. Ces qualités en font une rareté dans le paysage littéraire québécois. » Puis, il rend compte de l’essai : « Dans Le complexe d’Orphée (Nota bene, 2023, 186 pages), l’écrivain se fait plus essayiste que critique en proposant « une manière de promenade » dans laquelle il tente « de saisir la nature de la poésie ». Fidèle à son approche modeste et exploratoire, il déambule en compagnie des poètes et penseurs qu’il aime afin de délimiter son objet, tout en cultivant le souci de ne pas l’enfermer. » Il conclut sa chronique en ces termes : « Partisan des « poèmes limpides » qui disent de « simples vérités », Guénette trouve dans la poésie un antidote « à l’endormissement de [ses] facultés » ou, comme l’écrit Valéry, un discours « chargé de plus de sens, et mêlé de plus de musique, que le langage ordinaire n’en porte et n’en peut porter ». Fénelon aurait aimé ce livre admirable. » La conclusion de l’article d’Antoine Boisclair portant sur La châtaigneraie était elle aussi plutôt réjouissante : « Romancier accompli (son dernier récit, Vierge folle, est paru en 2021 aux éditions de La Grenouillère), critique littéraire important (son blogue, intitulé Dédé blanc-bec, offre des comptes rendus très étoffés sur des publications québécoises), Daniel Guénette est aussi un poète qui mérite toute notre attention. »

7 réflexions sur « Claude Paradis : Écrire son nom dans la poussière : Poésie : Éditions Mains libres : 2025 : 90 pages »

  1. Wahou!
    Répondre au vœu de Fénelon…
    Bravo à Claude Paradis!
    Et c’est vrai que son travail est lié à celui de Brault.
    En (re)lisant Au bout du chemin ces jours-ci, j’ai pensé à lui et me suis dit id’aime.

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  2. « Je tâcherai de montrer en quoi l’auteur n’a pas tort de déclarer que « La vie est un poème très simple », mais que cette simplicité n’est pas donnée, qu’il faut la mériter, cheminer longuement afin de l’accueillir, ne serait-ce que partiellement, à la faveur d’un bref moment d’éternité passagère.»

    La chute annonce une promesse «out of this world»!

    Comment nomme-t-on cette figure de style paradoxale et contre-paradoxale?!

    À suivre…

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