Marie-Josée Ayotte + Rose-Aimée Bédard + Dominique Brochu : Et si le bonheur ne tenait qu’à un fil … : Poésie : Éditions de la Grenouillère : Collection L’Atelier des Inédits : 2023 : 104 pages : 22,95 $

Ce beau recueil n’est pas le fruit d’une collaboration, pas le résultat de trois plumes appliquées à produire de concert une œuvre unique, mais bien plutôt la réunion de projets distincts, d’œuvres singulières. Œuvres miniatures, vu le nombre restreint de poèmes assemblés par chacune des poètes, mais non pas œuvres mineures. Ces suites ont valu à leurs autrices d’être distinguées par l’attribution du Prix Piché, prix accordé conjointement par le Festival international de la poésie de Trois-Rivières et l’Université du Québec. Marie-Josée Ayotte a reçu ce prix en 2023 pour Il semble que tout cède au vent noir. Pour une autre suite elle a également obtenu le Prix Chatillon. Avec Osciller, Rose-Aimée Bédard fut la finaliste du prix en 2022, tandis que Dominique Brochu en était la lauréate pour une suite intitulée Marelle. Pour mémoire, je rappelle que le Prix Piché a pour mission de révéler des poètes dont le travail n’a pas encore fait l’objet d’une publication sous forme de livre.

Marie-Josée Ayotte ouvre le bal. Le titre de sa partition annonce une musique quelque peu agitée : Il semble que tout cède au vent noir. La violence dont une certaine douceur viendra peut-être à bout est présente dès le premier poème. Cette violence est en lien avec une douleur que l’on pourrait dire native. Tout se joue entre apparition et disparition, entre naissance et mort. Au premier vers (« je pourrais apparaître ») feront écho de nombreux passages dans lesquels la poète exprimera une troublante difficulté d’être, d’être au monde, d’y vivre véritablement. Ce premier vers dit la possibilité d’une venue au monde, mais cette naissance ne se fera qu’au prix d’un véritable combat. La poète parle d’une « artillerie lourde », d’« obus » et de « fureur aux poings ». Au cœur de cette guerre, la poète fait montre de révolte et de résistance. La voici engagée sur « le chemin des femmes », en solitaire qui voit sa solitude multipliée par celles des femmes dont elle est solidaire. Il s’agit pour elle d’« arracher aux mots un avenir ». Les saccages qui ont mis sa vie à mal, les empêchements qui dès son plus jeune âge ont entravé sa route sont des épreuves qu’elle traverse tant bien que mal : « chaque feu traversé avive ma colère / me garde urgence vivante ». Elle réfère à « un flot de secrets inavouables ». On devine que ces derniers sont relatifs aux heures sombres de son enfance, à ce qu’elle appelle un carnage. Il semble qu’il y ait eu dans son cas étouffement de l’enfance, de « l’autre vie / celle qui aurait pu advenir ». Alors qu’elle éprouve « un incroyable besoin de disparaître », un sentiment contraire la conduit à vouloir retrouver enfin « ce qui aurait pu advenir ». Elle cherche à « revenir au commencement des jeux et regards / qui ne font de mal à personne ». Cela s’appelle l’innocence.

Mais comment revenir à un tel état de pureté, alors qu’on se trouve « au milieu des visages de poussière » ? Alors que son « origine a tremblé dans un champ de ruines » ? Il sera question à quelques reprises dans cette suite d’une « maison bancale ». La poète a beau se tenir debout dans cette maison, comme l’écrit Rilke, que du reste elle cite, tout autour d’elle « les choses tombent / irréparables ». La chambre qu’elle occupe est associée « aux dédales de l’impasse », aux dédales où disparaît l’enfant « coupé du monde ». Dans de telles conditions, dans cette « solitude à perpétuité » mourir ne peut qu’aller de soi : « chaque jour j’épouse la mort / l’éternité me prend dans ses bras / et je ne dis pas non ». Fuse néanmoins « un cri de ruines ». La naissance est désirée, appelée. De très beaux vers expriment cette volonté : « pour une beauté moins grave dit-on / rien ne sert de creuser la différence / entre les vivants et les morts // je ne compte plus les décombres / je leur devrai peut-être de périr / au bout d’une existence plus forte ».

De la maison bancale, celle qui oscillait entre apparaître et disparaître en viendra à s’extraire. Elle émergera « de la cave au chaos lumineux ». C’est qu’« un désir de visage ». aura lentement cheminé en elle. Les « heures d’enfance » ne sont pas perdues à jamais. Après les « vieilles blessures », après les « feuillages d’hiver », l’enfance peut parvenir à refleurir.

On peut comprendre que la qualité du travail de Marie-Josée Ayotte ait été reconnue. Sa suite contient des poèmes conçus avec doigté, l’écriture soignée est à la fois expressive, musicale et suggestive. Les images qu’on y rencontre s’accordent avec un propos qu’elles servent avec pertinence. Ce premier opus est tout à fait réussi.

Osciller révèle une Rose-Aimée Bédard que le langage poétique de toute évidence fascine, et ce, autant que la perturbe le monde actuel. Elle dénonce ses horreurs tout en accordant une place relativement importante à la fonction ludique du langage. Certes, à travers ses jeux langagiers, la poète ne cherche en rien à faire de l’humour. L’heure est grave et elle en est consciente. Son inventivité, sa verve et son inspiration sont avant tout au service de la lutte qu’elle entreprend. L’ensemble poétique qu’elle propose commence par une série de poèmes regroupés sous le titre suivant : « Il neige nécessaire ». Le tout est solidement ficelé. C’est par l’anaphore « Il neige » que débutent sept des huit poèmes qui le composent. Cette régularité lui confère une forme de cohésion et de solidité.

Un souffle anime ces poèmes. Il est porté par un sentiment d’urgence, car « nous voilà bouche bée devant tant de ténèbres ». Au départ, la neige tombe tout doucement, paisiblement : « Un répit, sans doute », alors que « le futur inquiète ». On voit le « je » du poème engagé sur une chaussée glissante. Elle s’agrippe à tout ce qui lui permet de ne pas tomber, la verticalité étant « la position de la survie ». Si elle l’est pour l’individu, cette position l’est aussi pour l’ensemble de la société. Rose-Aimée Bédard pense et parle au nom de tous. Elle met en garde contre la bêtise, contre « la main étrangleuse des / dictatures ». Elle témoigne des « [f]aims affamées des mères qui tiennent dans leurs / bras des agonies ».

L’engendrement des mots par les mots, leur enchaînement est ce qui caractérise la manière de la poète, sa façon de procéder sur le plan poétique. Par exemple, elle recourt à l’agglutination : « Malgré faux pas, pas de côté, pas à pas » ou « La guerre s’est aguerrie à force de guerroyer » ; elle répète un même mot en l’insérant dans différentes locutions ; elle l’insère même au moyen de l’ellipse, le faisant apparaître au sein de sa disparition : « Mais quand on cherche salut, tout peut servir de planche ».

Le lecteur se rend assez rapidement compte que le jeu langagier chez la poète est en lien avec des enjeux plutôt sérieux, que le procédé stylistique met en évidence de graves soucis, un réel engagement en faveur de ce que l’on pourrait appeler une réparation du monde : « Certes, il y a dérives / Les faits sont là — sans compter les faits divers ». Ces faits, notamment ceux de la « destruction », des « débris épars », la poète les recense et dénonce, animée par un fol espoir, celui de la « toute dernière minute » : « [l’]innocence joyeuse tire à sa fin » : « Dans peu de temps / nous ne rock-and-rollerons plus, ni ne ferons tango / Ne valserons plus, à deux ou trois temps / Ne déambulerons plus dans les rues de Paris / N’irons plus jazzer au café du coin, Et n’irons plus / au bois / L’agrile s’y est installé. La cochenille a suivi ».

Rose-Aimée Bédard est une poète inspirée, son verbe chante, son lyrisme oscille entre l’enchantement et le désenchantement. Elle écrit qu’elle a « mal à l’état du monde. Saccagé // […] mal à sa beauté défigurée / Aux jardins l’un après l’autre, abandonnés ». Mais que faire dans l’urgence alors que le monde court à sa perte ? « Il faudrait … je ne sais quoi, je ne sais plus. Je ne sais plus trop quoi // Si. — Peut-être, et pourquoi pas, un poème ! Pour faire vibrer gens et pays ».

On peut toujours rêver : « Mais, je me rappelle / me rappelle que sous la neige, le rosier dort / et rêve de s’habiter l’été venu ». On se souviendra que le recueil s’ouvre avec la forte présence de la neige. Son évocation à la toute fin du recueil permet de souligner que cette écrivaine ne fait pas n’importe quoi n’importe comment. À mon sens, on a bien fait de souligner les mérites de son travail.

La marelle est un jeu, un jeu auquel s’adonnent les enfants et tout particulièrement les fillettes, les écolières dans les cours d’école. Dominique Brochu, après l’obtention du Prix Piché en 2022 a récemment publié un recueil de poésie. Celui-ci, La forêt dans ton cou, a été publié aux Éditions de l’Écume.

Avec Marelle, la poète entreprend une incursion à travers les âges de l’enfance. Sa petite suite se déploie en trois parties intitulées respectivement « Roche », « Papier », « Ciseaux ». Leurs poèmes sont tous brefs, laconiques. Et ils sont troublants, intrigants, fort séduisants. On saute de l’un à l’autre, avec un sentiment de joie mâtinée d’angoisse et de malaise. C’est que l’enfance, comme nous avons pu le constater avec les poèmes de Marie-Josée Ayotte n’est pas toujours rose. Dominique Brochu ou, si l’on préfère, le « je » qui s’exprime dans ses poèmes retourne dans les parcs et la cour d’école de sa petite enfance. Elle ramone ses souvenirs, se les remémore : « les arbres se penchent / je ramone ce jour précis, ce tumulte d’espadrilles / les corps qui apprennent leur odeur ».

En peu de mots, donc, la poète fait revivre des réalités, des petits faits divers comme des mains d’enfant posé sur « la rouille des échelles » propres aux agrès, gréements, installations dans les parcs. À la récréation, la fillette a « peur / des élastiques tendus ». Elle se revoit à l’écart des autres : « j’ai un visage d’objet perdu / une manie des racoins ».

On lit ici des petits poèmes qui expriment de criantes vérités : « les continents dérivent sans moi / le feu me recrache ». Voici une autre enfant, elle aussi, comme chez Ayotte, coupée du monde : « j’ai perdu / l’amie qu’il me restait ». Solitude, exclusion : « dans les toilettes / je barricade l’asphyxie ». C’est qu’il lui faut échapper à « la mitraille des rires ». Si l’homme est un loup pour l’homme, les enfants ne sont pas en reste, qui souvent manifestent une extrême cruauté à l’endroit des plus agnelets d’entre eux.

Doit-on comprendre qu’au sein du mal-être, tel « un abri », la lecture viendra finalement ouvrir un nouvel horizon ? « les livres / me ligotent / me tirent loin de moi ». La littérature est l’instrument d’un mouvement vers l’ailleurs, elle crée l’autre chose, ce que Rimbaud appelait de toutes ses forces, c’est-à-dire la « vraie vie ». Dominique Brochu écrit : « j’invente un vol / de flamants roses / un garçon quelque part / le gisement de ses yeux ».  

Au bout du compte, elle en vient à écrire qu’elle n’est plus « cette enfant-là ».

Ma foi ! Elle est devenue une écrivaine. Ce n’est pas rien.

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Auteur : Daniel Guénette

Né le 21 mai 1952, Daniel Guénette est originaire de Montréal. Il a vécu la majeure partie de son existence dans l’arrondissement de Saint-Laurent. Après des études en lettres à l’Université de Montréal, où il obtient un diplôme de maîtrise en création littéraire, il enseigne la littérature au cégep de Granby. En 2011, il prend sa retraite après 34 années d’enseignement. À l’aube de la soixantaine, il renoue avec l’écriture qu’il avait cessé de pratiquer durant près de vingt ans. Il publie chez Triptyque deux recueils de poésie, Traité de l’Incertain en 2013 et Carmen quadratum en 2016, ainsi qu’un récit, L’École des Chiens, en 2015. Dans son œuvre antérieure alternaient ouvrages de poésie (3 titres au Noroît, 2 chez Triptyque) et productions romanesques (3 titres chez Triptyque). Ces ouvrages furent publiés entre 1985 et 1996. L’ensemble fut bien reçu par la critique. À l’occasion du vingtième anniversaire des éditions Triptyque, feu Réginald Martel écrivait : « Et on soupçonne que bien des éditeurs seraient ravis d’inscrire à leur catalogue, parmi quelques auteurs de Triptyque, le nom d’un Daniel Guénette, par exemple. » J. Desraspes a enchanté Jean-Roch Boivin : « Ce roman est un délicieux apéritif, robuste et délicat, son auteur un écrivain de talent et de grands moyens. » Réginald Martel parle d’un roman « qu’on dévore sans reprendre son souffle » ; il salue également la parution des romans qui suivent, se montrant surtout favorable à L’écharpe d’Iris. Pierre Salducci écrit dans Le Devoir un article élogieux sur ce roman : « L’écharpe d’Iris est une réussite, une petite musique qui nous parle de la nature humaine et qu’on n’arrive pas à oublier. Un roman magnifique, un vrai. Pas un phénomène de mode. Pas un produit branché et périssable. Mais de la littérature. Tout simplement. » L’École des Chiens, qui en 2015 marque le retour de l’auteur au récit, a été commentée par divers blogueurs, dont le poète Jacques Gauthier : « Ce beau récit du poète Daniel Guénette évoque, avec pudeur et humilité, les onze années vécues auprès de Max qu’il a dû faire euthanasier à cause d’un cancer. Ils sont rares de tels livres qui traitent si tendrement de la relation entre un homme et son animal de compagnie. Ça parle de vie et de mort, d’attachement et d’amitié, d’enfance et de solitude. » Pour sa part, Topinambulle écrit : « Dans ce très beau récit, un homme apprivoise doucement le deuil de son chien. À la manière de Rousseau, Daniel Guénette nous invite à le suivre dans ses promenades, dans les méandres de ses souvenirs, où l'évocation de l'ami fidèle nous servira de guide. ». Dominic Tardif, dans Le Devoir, 4 juillet 2015 a rendu compte chaleureusement de L’école des chiens. Il a souligné qu’avec ce récit, l’auteur avait produit « de la vraie littérature » : « Plus qu’un livre sur un maître et son animal, L’école des chiens célèbre le pouvoir de l’écriture qui, chez Daniel Guénette, n’aspire pas à remplacer l’en allé, mais bien à en continuer la vie. » Recommandé avec enthousiasme à ses téléspectateurs, L’école des chiens a fait l’objet d’un échange de cadeaux à l’émission LIRE présentée sur ARTV. À partir de 1975, l’auteur a collaboré à diverses revues de littérature à titre de poète et de critique. On a pu lire ses recensions dans la revue Mœbius. Pour l’une d’elles, l’auteur a été finaliste au Prix d’excellence de la SODEP 2016, dans la catégorie Texte d’opinion critique sur une œuvre littéraire ou artistique. Plus récemment, l’auteur a publié deux nouveaux titres en poésie, Varia au Noroît en 2018 et, à l’hiver 2023, La châtaigneraie aux Éditions de la Grenouillère. Pour ce recueil, le poète a été finaliste au Prix d’excellence du webmagazine La Métropole. Dans la recension que réserve à cet ouvrage la revue LQ, le critique Antoine Boisclair écrit: « Ce recueil émouvant, très maîtrisé du point de vue formel, témoigne d’un savoir-faire indéniable. » Le critique et poète français Pierre Perrin écrit dans sa revue trimestrielle de littérature, la revue française « Possibles », ne pas confondre avec la revue québécoise du même nom : « Daniel Guénette a le vers sûr, souvent proche de l’alexandrin, parfois très bref. Il sait restituer une vie, avec sa foudre, ses éclairs, et les moments de calme, voire de communion. La Châtaigneraie constitue un beau recueil presque filial. » Pour sa part, dans Le Ou'tam’si magazine, Nathasha Pemba déclare que « La châtaigneraie est un recueil de poésie qui a l’allure d’un hommage, d’un renouvellement du contrat amical. C’est une poésie ontologique qui va au fond des choses pour faire émerger l’être. Daniel Guénette une fois plus confirme qu’il est poète, le poète de l’amitié, le poète de l’altérité, le poète de l’éternité. » Outre ces recueils de poésie, l’auteur fait paraître quelques nouveaux romans. De Miron, Breton et le mythomane, paru en 2017 à La Grenouillère, Dominic Tardif écrit dans Le Devoir : « Chronique des glorioles imaginaires d’un grand taquin aimant (se) conter des histoires et fabuler une légendaire vie d’aventures, Miron, Breton et le mythomane est le carton d’invitation d’une fête organisée en l’honneur du mensonge auquel s’abreuve n’importe quelle forme de littérature digne de ce nom. » Pour sa part, Dédé blanc-bec reçoit dans Nuit Blanche un commentaire signé Gaétan Bélanger : « Le ton poétique empreint d’humour et de nostalgie adopté par l’auteur rend extrêmement agréable la lecture de ce roman émouvant. Il faut préciser que, tout d’abord, il est un peu déroutant de suivre les bonds fréquents de la narration dans le temps. Plus que de simples digressions, elles donnent parfois l’impression que l’auteur saute du coq à l’âne pour revenir aux mêmes événements, observés sous un angle différent. Mais on s’habitue vite à cette manière ou à ce style et on l’apprécie pour son originalité. Voilà donc un roman au texte minutieusement poli et se démarquant par sa qualité et son audace. » Vierge folle est le dernier roman de l’auteur. La recension parue dans Culture Hebdo se termine avec ces mots : « Nous vous laissons le soin de découvrir la conclusion. Excellent, est un euphémisme. On a adoré. » Ce roman, sans doute le meilleur de l’auteur, s’il a suscité l’enthousiasme de ses lecteurs n’a guère fait l’objet de recensions sérieuses. Pour des recensions sérieuses, il aura fallu attendre l’hiver 2023. Au billet d’Antoine Boisclair portant sur La châtaigneraie, se sera ajoutée dans Le Devoir une chronique de Louis Cornellier consacrée non pas à un roman ou un recueil, mais à un essai. Le journaliste y salue d’abord le travail entrepris par l’écrivain sur son blogue : « Fin lecteur de poésie, l’écrivain s’y impose comme un critique raffiné, érudit et amical dont le style, limpide et élégant, s’apparente à celui de la conversation relevée. Ces qualités en font une rareté dans le paysage littéraire québécois. » Puis, il rend compte de l’essai : « Dans Le complexe d’Orphée (Nota bene, 2023, 186 pages), l’écrivain se fait plus essayiste que critique en proposant « une manière de promenade » dans laquelle il tente « de saisir la nature de la poésie ». Fidèle à son approche modeste et exploratoire, il déambule en compagnie des poètes et penseurs qu’il aime afin de délimiter son objet, tout en cultivant le souci de ne pas l’enfermer. » Il conclut sa chronique en ces termes : « Partisan des « poèmes limpides » qui disent de « simples vérités », Guénette trouve dans la poésie un antidote « à l’endormissement de [ses] facultés » ou, comme l’écrit Valéry, un discours « chargé de plus de sens, et mêlé de plus de musique, que le langage ordinaire n’en porte et n’en peut porter ». Fénelon aurait aimé ce livre admirable. » La conclusion de l’article d’Antoine Boisclair portant sur La châtaigneraie était elle aussi plutôt réjouissante : « Romancier accompli (son dernier récit, Vierge folle, est paru en 2021 aux éditions de La Grenouillère), critique littéraire important (son blogue, intitulé Dédé blanc-bec, offre des comptes rendus très étoffés sur des publications québécoises), Daniel Guénette est aussi un poète qui mérite toute notre attention. »

3 réflexions sur « Marie-Josée Ayotte + Rose-Aimée Bédard + Dominique Brochu : Et si le bonheur ne tenait qu’à un fil … : Poésie : Éditions de la Grenouillère : Collection L’Atelier des Inédits : 2023 : 104 pages : 22,95 $ »

  1. On dirait que le rêve de notre génération d’élever nos enfants de façon parfaite a heureusement connu quelques ratés. Ce qui a donné la chance à ces poètes de vivre une enfance riche en manques, en soucis, en inconforts et … en inspiration.

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