Jean-Noël Pontbriand : Les mots à découvert : Essai : Éditions Huit : Cinquième édition, revue et augmentée : 2022 : 360 pages

« Essai sur la poésie et son enseignement ». Ce sous-titre identifie précisément le projet de l’auteur, qui fut professeur de création littéraire à l’Université Laval. L’homme a enseigné durant une soixantaine d’années. Il va sans dire qu’il traite d’enseignement et de poésie en connaissance de cause. Or la poésie est quelque chose comme une grande inconnue, un art dont les forces sont la plupart du temps méprisées. La nécessité de cet art ne fait pas l’unanimité. Pontbriand a bien des choses à révéler à ce sujet, s’assurant très tôt de remettre les pendules à l’heure et nous rappelant qu’une certaine aliénation guette ceux et celles qui ne voient leur épanouissement que dans l’accroissement de leurs seules richesses comptables. On ne devrait pas fréquenter « l’école » uniquement afin d’acquérir des connaissances d’ordre pratique permettant d’exercer éventuellement un métier en ayant principalement ou uniquement des visées de rentabilité. Des espèces autres que sonnantes assurent une forme de fortune plus nécessaire, se situant dans l’immatériel ou, si l’on préfère, dans le monde spirituel. Le poète Fernand Ouellette accorde au sacré l’importance que l’on sait. Dans la pensée de Pontbriand, la transcendance occupe une place tout aussi prépondérante, en l’absence ou non d’un Dieu qui ne fait pas ici, à proprement parler, l’objet de la quête de l’auteur. La poésie dont il nous entretient possède en soi la vertu de favoriser l’avènement d’une certaine présence au monde. Elle se situe sur un autre terrain que celui de la foi, bien qu’elle entretienne avec celle-ci des liens souterrains. Pontbriand traite de la poésie en tant que telle, des pouvoirs qui lui sont inhérents, consubstantiels. Il montre l’intérêt qu’a une société, la nôtre au premier chef, à développer une véritable connaissance de ce que la poésie met à notre disposition. Il en a contre un enseignement qui malheureusement consiste à négliger la poésie en tant que force vive apte à donner accès à ce que Novalis appelle « le réel véritablement absolu ». Tout comme le poète allemand, Pontbriand considère que la poésie permet de mieux comprendre le monde. Et surtout, comme l’écrivait Novalis, elle « élève chaque individu à la totalité à travers une opération de connexion qui lui est propre ». Voilà qui résume assez bien la pensée de notre auteur, mais un résumé n’est qu’un résumé. Il aplatit ce qui a du relief, affadit le piquant et l’originalité d’une démarche. La pensée de Pontbriand est trop riche pour qu’on en fasse si chichement l’économie. Il convient de suivre cet auteur sinon pas à pas, du moins dans ses grandes lignes.

Hélène Frédérick écrit : « Notre culture devenue culture du chiffre apparaît de plus en plus fermée et terne, étudiée pour favoriser un extraordinaire conformisme. Elle évolue vers un horizon allant rétrécissant, ainsi nous avons de plus en plus soif de lumière. » Pontbriand ne renierait certainement pas ces propos. Il s’intéresse, nous l’avons dit, aux études, à l’enseignement, tout particulièrement au sort que réservent nos institutions académiques à la littérature et plus spécifiquement à la poésie. Le conformisme dont parle la jeune poète, Pontbriand le déplore. Il réalise que les études y conduisent. Il s’ingénie à dénoncer les idées reçues qui en matière d’enseignement font la promotion des valeurs capitalistes. Le procès qu’il intente au capitalisme dûment identifié dans son livre s’inscrit en clair dans certaines pages de son essai et, assurément, il anime en filigrane l’écriture de son essai.

L’école certes forme de futurs travailleurs, elle ne doit cependant pas déformer les hommes qu’ils seront, au détriment d’une part de leur être qui aura alors été sacrifiée sur l’autel du travail. Le citoyen en devenir possède une âme, un esprit. Le savoir qui les « enrichit » peut aussi les avilir. Contre l’appât du gain, on citera les Évangiles : « Il est plus facile à un chameau de passer à travers le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. » 

Pontbriand ne tient pas un tel discours, il ne cherche pas à convertir qui que ce soit, à orienter quiconque dans la direction d’une foi qui n’est peut-être pas la sienne. Il parle de poésie; or la poésie consiste tout de même en un monde dans lequel on n’entre pas comme dans un moulin. Les lecteurs et lectrices qui ne fréquentent pas cet univers sont un peu comme des chameaux, ils peuvent se montrer rétifs, craintifs au moment d’entreprendre le passage conduisant de leur monde à celui du poème. C’est là un passage qui se fait comme à travers le chas d’une aiguille. Le lecteur « normal » trouve que le monde de la poésie est anormal, qu’on y tient un langage étrange, difficilement pénétrable.

Je me permets ici une anecdote. Le poète Guy Marchamps proposait sur sa page la lecture de deux très beaux poèmes de Guy Goffette. Je les partageai sur la mienne. Une amie fit part de ses commentaires. Un échange s’ensuivit; j’en retranscris quelques extraits.

  • Elle : Pour moi la poésie est un véritable mystère. Chaque fois que je crois l’appréhender, elle change de visage…
  • Moi : J’écrirai prochainement au sujet d’un ouvrage qui traite de poésie. L’auteur affirme qu’elle est un langage vivant. Les mots y sont à découvert. Un certain mystère est peut-être inhérent à toute forme de poésie.
  • Elle : Les mots à découvert. OK pour moi, mais il y a plus que ça, ils sont traqués, pressurisés pour leur faire rendre la dernière goutte de leur essence… de sens et ainsi les utiliser d’une manière inhabituelle dans une phrase où ils semblent incongrus. Mais je suis d’accord que tous les mots doivent être bousculés, retournés et réessayés autrement. Ils peuvent tous dire plus qu’ils ne disent au premier abord. Cependant parfois ça crée des phrases si hermétiques qu’il me semble que seul celui qui les a écrites les comprend. Pourquoi les offre-t-il à la lecture et pourquoi les lirais-je, celles-là?

Ce mot, hermétique, il faut s’y arrêter. Quant à la réaction de notre amie, il va sans dire qu’il convient également de l’interroger, ce que ne manque pas de faire Pontbriand dans son essai. Ainsi offre-t-il une manière d’introduction au monde de la poésie. Ce n’est toutefois pas là son but principal, mais chemin faisant, il entraîne le lecteur néophyte à sa suite, lequel en vient progressivement à se familiariser avec la poésie, à mieux se situer sur ce terrain qui est en quelque sorte parallèle à celui qu’il foule au quotidien, dans la vie de tous les jours, alors qu’il utilise les mots uniquement à des fins d’expression et de communication. Tout se passe comme si, pour le commun des mortels, à l’inverse de ce qui advient dans « L’albatros » de Baudelaire — on se souviendra que sur le dur sol de la réalité, le poète peine à marcher — , le néophyte, lui, propulsé dans le ciel poétique alors qu’il est privé d’ailes, ne parvient pas à se maintenir dans les nues. Il est incapable de lire de la poésie. On lui a coupé les ailes au sortir de l’enfance. Cette amputation, Pontbriand l’explique de brillante manière. Il remonte à l’enfance, à l’origine, dans le but de retrouver et de consolider la parole vivante qu’il appelle aussi « parole originaire ». Il s’agit d’une parole que le poème parvient à réanimer, à condition d’être réellement un « vrai » poème. Nous retrouvons ici le « réel absolu » dont il était question plus haut. Je ne saurais dire si Novalis apparaît nommément dans ce volumineux essai, mes notes n’en font pas mention, cependant l’idée selon laquelle le poème est fusion traverse puissamment l’essai de Pontbriand.

Dans sa pensée de la poésie, notre auteur est redevable à plusieurs poètes qu’il ne manque pas de saluer dans la conclusion de son ouvrage. Novalis ne figure pas parmi eux, mais des penseurs, pour ne pas dire des philosophes sont mentionnés. Socrate, Kierkegaard, Gabriel Marcel, Heidegger et Blanchot sont salués. L’apport de ces derniers, et peut-être Bachelard aurait-il pu être également nommé (il est mentionné dans l’annexe 11 alors que Pontbriand parle de la rêverie), apparaît dans les passages les plus denses de l’essai, celles où Pontbriand justement aborde la question de la co-naissance (il ne manque pas alors de référer à Claudel). La co-naissance naît de la rencontre du soi profond avec ce que l’on pourrait appeler l’âme du monde. « L’art est une activité grâce à laquelle est créé un lien qui permet à la conscience et au monde de se rencontrer, d’entre en relation, de co-naître, c’est-à-dire de naître l’un avec l’autre et l’un par l’autre. » La poésie pour Pontbriand n’est pas une affaire de beau langage, de prose enjolivée. Pas plus que le poète ne serait celui qui se contente naïvement d’exprimer ses petites et grandes émotions. Il est plutôt celui qui entreprend de renouer, grâce à la parole poétique, avec une unité qu’il a perdue au sortir de l’enfance. Il veut retrouver le « paradis de la participation et de la coïncidence ontologique. » Il y a ici un phénomène, un avènement qui est de l’ordre du numineux, du sentiment de présence.

Dans la conclusion de son essai, Pontbriand établit des liens nécessaires, selon lui, entre religion, philosophie et poésie. Il considère qu’un enseignement de la religion et de la philosophie, mais à des conditions que je m’abstiens ici de présenter, favorisera l’apprentissage de la poésie et permettra d’accéder à cette co-naissance à laquelle peut donner lieu la langue, tout particulièrement la parole vivante de la poésie. La poésie est « un lieu qu’on peut habiter ». L’essayiste cite Heidegger : « Le langage est la maison de l’être et l’homme est son berger. »

Dans nos maisons d’enseignement, il faudrait selon Pontbriand proposer une initiation aux diverses religions. « La religion a rapport au sacré et au numineux […] dans cette expérience du sacré (Pontbriand réfère ici à ce qu’il appelle un changement de régime de perception), se révèle à l’homme l’existence d’une autre dimension que celle dans laquelle il évolue régulièrement, c’est-à-dire la dimension profane. Il existe entre sacré et profane un écart semblable à celui qui distingue la poésie de la prose moyen de communication. »

Quelque chose de magistral est à l’œuvre dans cet essai. Le poète, le professeur et l’animateur d’atelier littéraire y conjuguent leurs forces et les assemblent de sorte que ce que l’un avance, les deux autres le soutiennent et finalement l’illustrent. L’animateur d’atelier est un lecteur savant (il propose un art de la « lecture adéquate »), il est un poète accompli. Il soutient que le poète écrit pour « vivre une expérience de connaissance intuitive » grâce à ce qu’il appelle la participation et un renversement épistémologique. Le lecteur se dira ici que tout cela est fort complexe. Il n’en est rien. Les propos de l’auteur sont limpides et, en bon pédagogue qu’il est, il sait s’y prendre pour bien se faire comprendre. La conclusion et les deux annexes qui mettent fin à son livre offrent non seulement une excellente récapitulation de ses propos, mais elles leur ajoutent de nouveaux éclaircissements. Les sceptiques qui auraient pu douter du bien-fondé de ses positions et propositions cessent de douter. Ils sont en fin de compte convaincus de la nécessité que représente cette chose souvent déclarée inutile qui a nom de poésie. Et s’ils croyaient que la création littéraire n’a pas sa place dans les maisons d’éducation, de la maternelle à l’université, l’auteur par ses explications répond clairement aux objections que l’on adresse généralement à ceux et celles qui prônent une initiation à la vie poétique, à la connaissance intuitive, à la parole vivante dont l’épiphanie est occasionnellement l’ultime couronnement.

Par fines touches, se répétant parfois pour les besoins de la cause, il approfondit son propos et en renforce la cohérence. Un lecteur qui se serait d’abord montré réticent à le suivre en vient progressivement à lui emboîter le pas, faisant siennes ses vues ou à tout le moins leur accordant le crédit qu’elles méritent, ne serait-ce qu’en raison de l’apport qu’elles fournissent à ses propres réflexions.  

Magistrale aussi la manière qu’a Pontbriand d’emmêler, de joindre aux textes qu’il commente sa propre écriture, laquelle fait écho aux poèmes des auteurs qu’il aborde et à partir desquels poèmes il illustre sa « méthode de création intuitive », intégrant ingénieusement les métaphores de ces poèmes et les filant pour ainsi dire à son propre compte. Par exemple, tel poème de Miron qu’il commente semblera avoir été écrit pour témoigner de la cohérence de la démarche de Pontbriand. Ce sont là des jeux de miroirs qui sont loin d’être gratuits. Il faut le lire pour le croire.

Et que dire finalement de la séance d’écriture personnelle à laquelle l’auteur nous convie ? C’est pour ma part la première fois qu’il m’est donné d’assister, du moins de l’intérieur, à la création d’un poème. C’est là tout autre chose que l’enfilade des divers états de ses textes que livrait jadis un Francis Ponge.

Dans Les mots à découvert, Pontbriand explique sa démarche de manière précise et concrète. Il fait part des retouches qu’il apporte à son poème, les justifie, non pas en recourant à la logique discursive, mais en témoignant du travail conjoint de l’inconscient et du conscient. Ses corrections ne dénaturent pas le poème, n’entament en rien sa pureté initiale, mais la dégagent plutôt d’une gangue qui l’empêchait tout d’abord de rayonner. Ce travail reconduit le poème à sa véritable nature originaire. Le résultat est magnifique.

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Auteur : Daniel Guénette

Né le 21 mai 1952, Daniel Guénette est originaire de Montréal. Il a vécu la majeure partie de son existence dans l’arrondissement de Saint-Laurent. Après des études en lettres à l’Université de Montréal, où il obtient un diplôme de maîtrise en création littéraire, il enseigne la littérature au cégep de Granby. En 2011, il prend sa retraite après 34 années d’enseignement. À l’aube de la soixantaine, il renoue avec l’écriture qu’il avait cessé de pratiquer durant près de vingt ans. Il publie chez Triptyque deux recueils de poésie, Traité de l’Incertain en 2013 et Carmen quadratum en 2016, ainsi qu’un récit, L’École des Chiens, en 2015. Dans son œuvre antérieure alternaient ouvrages de poésie (3 titres au Noroît, 2 chez Triptyque) et productions romanesques (3 titres chez Triptyque). Ces ouvrages furent publiés entre 1985 et 1996. L’ensemble fut bien reçu par la critique. À l’occasion du vingtième anniversaire des éditions Triptyque, feu Réginald Martel écrivait : « Et on soupçonne que bien des éditeurs seraient ravis d’inscrire à leur catalogue, parmi quelques auteurs de Triptyque, le nom d’un Daniel Guénette, par exemple. » J. Desraspes a enchanté Jean-Roch Boivin : « Ce roman est un délicieux apéritif, robuste et délicat, son auteur un écrivain de talent et de grands moyens. » Réginald Martel parle d’un roman « qu’on dévore sans reprendre son souffle » ; il salue également la parution des romans qui suivent, se montrant surtout favorable à L’écharpe d’Iris. Pierre Salducci écrit dans Le Devoir un article élogieux sur ce roman : « L’écharpe d’Iris est une réussite, une petite musique qui nous parle de la nature humaine et qu’on n’arrive pas à oublier. Un roman magnifique, un vrai. Pas un phénomène de mode. Pas un produit branché et périssable. Mais de la littérature. Tout simplement. » L’École des Chiens, qui en 2015 marque le retour de l’auteur au récit, a été commentée par divers blogueurs, dont le poète Jacques Gauthier : « Ce beau récit du poète Daniel Guénette évoque, avec pudeur et humilité, les onze années vécues auprès de Max qu’il a dû faire euthanasier à cause d’un cancer. Ils sont rares de tels livres qui traitent si tendrement de la relation entre un homme et son animal de compagnie. Ça parle de vie et de mort, d’attachement et d’amitié, d’enfance et de solitude. » Pour sa part, Topinambulle écrit : « Dans ce très beau récit, un homme apprivoise doucement le deuil de son chien. À la manière de Rousseau, Daniel Guénette nous invite à le suivre dans ses promenades, dans les méandres de ses souvenirs, où l'évocation de l'ami fidèle nous servira de guide. ». Dominic Tardif, dans Le Devoir, 4 juillet 2015 a rendu compte chaleureusement de L’école des chiens. Il a souligné qu’avec ce récit, l’auteur avait produit « de la vraie littérature » : « Plus qu’un livre sur un maître et son animal, L’école des chiens célèbre le pouvoir de l’écriture qui, chez Daniel Guénette, n’aspire pas à remplacer l’en allé, mais bien à en continuer la vie. » Recommandé avec enthousiasme à ses téléspectateurs, L’école des chiens a fait l’objet d’un échange de cadeaux à l’émission LIRE présentée sur ARTV. À partir de 1975, l’auteur a collaboré à diverses revues de littérature à titre de poète et de critique. On a pu lire ses recensions dans la revue Mœbius. Pour l’une d’elles, l’auteur a été finaliste au Prix d’excellence de la SODEP 2016, dans la catégorie Texte d’opinion critique sur une œuvre littéraire ou artistique. Plus récemment, l’auteur a publié deux nouveaux titres en poésie, Varia au Noroît en 2018 et, à l’hiver 2023, La châtaigneraie aux Éditions de la Grenouillère. Pour ce recueil, le poète a été finaliste au Prix d’excellence du webmagazine La Métropole. Dans la recension que réserve à cet ouvrage la revue LQ, le critique Antoine Boisclair écrit: « Ce recueil émouvant, très maîtrisé du point de vue formel, témoigne d’un savoir-faire indéniable. » Le critique et poète français Pierre Perrin écrit dans sa revue trimestrielle de littérature, la revue française « Possibles », ne pas confondre avec la revue québécoise du même nom : « Daniel Guénette a le vers sûr, souvent proche de l’alexandrin, parfois très bref. Il sait restituer une vie, avec sa foudre, ses éclairs, et les moments de calme, voire de communion. La Châtaigneraie constitue un beau recueil presque filial. » Pour sa part, dans Le Ou'tam’si magazine, Nathasha Pemba déclare que « La châtaigneraie est un recueil de poésie qui a l’allure d’un hommage, d’un renouvellement du contrat amical. C’est une poésie ontologique qui va au fond des choses pour faire émerger l’être. Daniel Guénette une fois plus confirme qu’il est poète, le poète de l’amitié, le poète de l’altérité, le poète de l’éternité. » Outre ces recueils de poésie, l’auteur fait paraître quelques nouveaux romans. De Miron, Breton et le mythomane, paru en 2017 à La Grenouillère, Dominic Tardif écrit dans Le Devoir : « Chronique des glorioles imaginaires d’un grand taquin aimant (se) conter des histoires et fabuler une légendaire vie d’aventures, Miron, Breton et le mythomane est le carton d’invitation d’une fête organisée en l’honneur du mensonge auquel s’abreuve n’importe quelle forme de littérature digne de ce nom. » Pour sa part, Dédé blanc-bec reçoit dans Nuit Blanche un commentaire signé Gaétan Bélanger : « Le ton poétique empreint d’humour et de nostalgie adopté par l’auteur rend extrêmement agréable la lecture de ce roman émouvant. Il faut préciser que, tout d’abord, il est un peu déroutant de suivre les bonds fréquents de la narration dans le temps. Plus que de simples digressions, elles donnent parfois l’impression que l’auteur saute du coq à l’âne pour revenir aux mêmes événements, observés sous un angle différent. Mais on s’habitue vite à cette manière ou à ce style et on l’apprécie pour son originalité. Voilà donc un roman au texte minutieusement poli et se démarquant par sa qualité et son audace. » Vierge folle est le dernier roman de l’auteur. La recension parue dans Culture Hebdo se termine avec ces mots : « Nous vous laissons le soin de découvrir la conclusion. Excellent, est un euphémisme. On a adoré. » Ce roman, sans doute le meilleur de l’auteur, s’il a suscité l’enthousiasme de ses lecteurs n’a guère fait l’objet de recensions sérieuses. Pour des recensions sérieuses, il aura fallu attendre l’hiver 2023. Au billet d’Antoine Boisclair portant sur La châtaigneraie, se sera ajoutée dans Le Devoir une chronique de Louis Cornellier consacrée non pas à un roman ou un recueil, mais à un essai. Le journaliste y salue d’abord le travail entrepris par l’écrivain sur son blogue : « Fin lecteur de poésie, l’écrivain s’y impose comme un critique raffiné, érudit et amical dont le style, limpide et élégant, s’apparente à celui de la conversation relevée. Ces qualités en font une rareté dans le paysage littéraire québécois. » Puis, il rend compte de l’essai : « Dans Le complexe d’Orphée (Nota bene, 2023, 186 pages), l’écrivain se fait plus essayiste que critique en proposant « une manière de promenade » dans laquelle il tente « de saisir la nature de la poésie ». Fidèle à son approche modeste et exploratoire, il déambule en compagnie des poètes et penseurs qu’il aime afin de délimiter son objet, tout en cultivant le souci de ne pas l’enfermer. » Il conclut sa chronique en ces termes : « Partisan des « poèmes limpides » qui disent de « simples vérités », Guénette trouve dans la poésie un antidote « à l’endormissement de [ses] facultés » ou, comme l’écrit Valéry, un discours « chargé de plus de sens, et mêlé de plus de musique, que le langage ordinaire n’en porte et n’en peut porter ». Fénelon aurait aimé ce livre admirable. » La conclusion de l’article d’Antoine Boisclair portant sur La châtaigneraie était elle aussi plutôt réjouissante : « Romancier accompli (son dernier récit, Vierge folle, est paru en 2021 aux éditions de La Grenouillère), critique littéraire important (son blogue, intitulé Dédé blanc-bec, offre des comptes rendus très étoffés sur des publications québécoises), Daniel Guénette est aussi un poète qui mérite toute notre attention. »

9 réflexions sur « Jean-Noël Pontbriand : Les mots à découvert : Essai : Éditions Huit : Cinquième édition, revue et augmentée : 2022 : 360 pages »

  1. Encore une fois, tu réussis à exposer avec clarté et générosité une lecture que d’autres auraient des ennuis à exprimer! J’aime ta générosité! Il y a là, pour moi, un mystère: comment trouves-tu toute cette énergie? Bravo Daniel! Merci de ta présence en littérature!

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  2. Merci cher Daniel de mettre l’accent sur ce poète incroyable de la ville de Québec, et merci pour ce travail fou dans lequel tu t’investis avec passion!

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  3. J’aime bien sa vision de l’art: . « L’art est une activité grâce à laquelle est créé un lien qui permet à la conscience et au monde de se rencontrer, d’entre en relation, de co-naître, c’est-à-dire de naître l’un avec l’autre et l’un par l’autre. » …« la coïncidence ontologique. » Tout un projet de réflexion que de se faire à cette idée! Mais ça aide à voir que la poésie n’est pas (que) des beaux mots. Il y a le squelette et les habits!

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